Sarah, coach du Hackeuses Club : “Je me sens très intégrée dans la famille des coachs. Nos coachs sont de belles personnes qui dépassent les clichés homme-femme. Je suis fière en tant que femme d’apporter ma contribution à cette équipe.

par Avr 27, 2021Actualités

Après avoir débuté chez BeCode en tant qu’office manager sur nos campus liégois et carolo en octobre dernier, Sarah a découvert en elle un intérêt pour le monde merveilleux de l’IT et pour la transmission de ses connaissances. Le lancement du Hackeuses Club à Charleroi s’est donc révélé être l’opportunité rêvée pour elle de combiner ses deux passions en devenant la coach de cette formation très spéciale. Envie de découvrir ce qui l’a menée à endosser ce rôle et comment se passe sa nouvelle aventure en tant que coach ? Découvrez tout cela dans son interview !

Peux-tu nous parler un peu de toi ?
“J’ai eu un parcours un peu sinueux. J’ai toujours été un peu dans la lune, créative. Je ne me sentais pas vraiment à ma place dans le système scolaire conventionnel. Je ne voyais pas l’intérêt d’avoir de bonnes notes, je ne comprenais pas la pédagogie. Ça a donc été très difficile pour moi. J’ai terminé mes secondaires en ne sachant pas qui j’étais, mais mon entourage était persuadé de savoir ce que je deviendrais.” 

“Je me suis lancée dans des études d’architecture, mais les maths, c’était l’enfer. J’avais aussi un côté rebelle, qui ne m’a pas aidée à travailler là dessus. Je me suis donc essayée au design industriel, mais j’étais frustrée de ne pas avoir plus de cours théoriques concernant la création. On m’a suggéré de poursuivre des études dans l’histoire de l’art, une discipline dont j’étais déjà tombée amoureuse dans mes études secondaires car j’étais en option latin-grec. Ça me parlait beaucoup d’étudier les images et comment communiquer une émotion. J’ai donc fait mon master en histoire de l’art. Je voulais prouver à toutes les personnes qui m’ont humiliée ou prise pour une idiote qu’elles s’étaient trompées sur moi. Mes études universitaires m’ont prouvé qu’avec persévérance, on peut y arriver. Je suis donc très fière d’avoir eu une grande distinction. Ça a été une véritable victoire personnelle. Idem lorsque j’ai été sélectionnée pour intégrer la Cambre. C’est un sacre pour moi.” 

“C’est à la Cambre que j’ai réalisé que j’étais attirée par le web design car j’étais en atelier de typographie. Je ne me retrouvais pas dans le milieu culturel, donc j’ai voulu me réorienter avec une première formation qui n’était pas très bonne. Je me suis penchée sur le web design et l’UX/UI design. J’ai d’ailleurs failli travailler en tant que web designer, mais la crise ne m’a pas permis de concrétiser ce projet.”

“Je suis donc arrivée chez BeCode pour y faire du travail administratif. Au départ, c’était un job alimentaire. Même si je suis reconnaissante d’avoir eu ce job, je ne m’épanouissais pas dedans. Grâce au Hackeuses Club, j’ai eu l’occasion de sortir de ma zone de confort et de transmettre mon savoir. Ça me correspond car ça brise les codes de ce système pédagogique que je trouve horrible. Voilà mon histoire.” 

Qu’est-ce qui t’a séduite chez BeCode ?
“L’équipe. C’était clairement un job alimentaire pour moi mais j’avais besoin de me sentir bien dans l’entreprise. Je suis tombée amoureuse de l’équipe. Je m’entends très bien avec mes collègues et ça me donne beaucoup d’énergie, surtout en cette période de coronavirus : pouvoir rire, pleurer, se soutenir, rêver de projets pour BeCode. C’est ce qui me plaît chez BeCode.” 

Que préfères-tu dans ton job en tant que coach ?
”Être coach dans le Hackeuses Club, ça donne du sens à ma vie. Coacher, ce n’est pas juste mettre l’apprenant sur la voie d’un certain savoir. C’est pouvoir être là humainement pour les apprenants et de pouvoir contribuer avec sa personnalité au bien-être de ces personnes. Ce n’est pas une question de framework ou de langage de programmation, ça dépasse cet aspect. Et le rôle du coach est d’apporter un peu de lumière dans la formation. Et c’est ce qui me plaît.”

Peux-tu nous parler du Hackeuses Club ?
“Le Hackeuses Club est un projet pilote qui s’adresse exclusivement au public féminin. Le projet est parti d’un constat : l’important clivage entre les hommes et les femmes dans les métiers du numérique. Le problème n’est pas forcément que les hommes ont un comportement machiste. C’est plutôt une question d‘a priori. On peut se dire “Oulah, il y a beaucoup d’hommes, ça n’ira pas pour moi car je suis différente.” L’idée du Hackeuses Club est de dépasser ces a priori.” 

”La formation dure six semaines. Les deux premières semaines sont consacrées à la découverte des métiers du numérique au sens large. Il n’est évidemment pas possible de découvrir tous les métiers, surtout à une époque où on invente parfois son propre métier. J’ai fait le choix de m’attaquer à l’aspect design, tout en intégrant les domaines de la communication et du marketing digital ainsi que du code et du développement.” 

“Le reste de la formation, c’est de l’initiation. Je m’efforce à donner l’essence d’un processus créatif : comment un designer doit penser. Et ensuite une partie de développement : saisir la logique et l’essence des choses.”

“L’objectif du Hackeuses Club, c’est d’une part la découverte des métiers et d’autre part une expérience humaine où mon objectif est que les femmes ressortent grandies, en confiance et prêtes à faire les choix qu’elles veulent faire et les assumer.” 

Peux-tu nous parler de l’atmosphère qu’il y a dans le groupe ?
“Je suis très fière de cette atmosphère car en tant que coach, on est l’artisan de l’ambiance du groupe. Pourquoi ? Parce qu’on est responsable des sélections : on choisit notre groupe. Il s’agit de penser en termes de dynamique. Je voulais un groupe à mon image : un groupe vivant, décomplexé où on tombe les masques pour se mettre à nu, où on a confiance les unes envers les autres.”

“On m’a donné carte blanche pour la formation, donc j’ai sélectionné plein d’activités icebreaker pour les faire rigoler. Le rire, c’est important. Par exemple, aux 

“sélections, chacune devait raconter une anecdote de la plus grande gêne de sa vie. On a fait d’autres activités vraiment très drôles pour apprendre à se connaître.”

”L’ambiance du Hackeuses Club est donc complètement décalée. Chacun peut et doit s’exprimer. Il y a beaucoup de confiance et d’amour. C’est un peu cliché, mais c’est vraiment très positif.”

On arrive à la moitié de la formation, comment te sens-tu par rapport à ça ?
“Tout d’abord, je suis très fière d’elles et du travail accompli. Faire tout cela en six semaines, c’est un vrai challenge car je suis une personne exigeante. Dans notre société, pour aider les gens, on a tendance à baisser le niveau d’exigence pour donner aux gens le sentiment qu’ils sont capables d’y arriver. Moi je pense l’inverse : si la barre est placée si haut, elle le restera. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas que la personne touche la barre, mais s’en rapproche le plus possible.” 

“Je suis donc fière, car, alors que certaines bégayaient presque quand elles devaient prendre la parole, elles savent désormais s’exprimer oralement lors de présentations. Elles sont motivées, elles font du bon travail, elles ont de bonnes réflexions. Je suis donc fière, et triste, car la formation touche déjà bientôt à sa fin. Je rêve de pouvoir continuer à être coach après cette expérience et à apporter ma contribution de designer junior. J’espère avoir ma chance pour travailler avec ces collègues que j’adore.” 

Selon toi, pourquoi est-il important d’encourager plus de femmes à se lancer dans l’IT?
“Pour deux raisons. Tout d’abord, je ne suis pas une spécialiste de la question des genres, mais je suis fatiguée qu’on pense en termes de genres. Lorsque je vois une personne, je ne vois pas un genre, je vois une âme. Pour moi, c’est donc important de dire aux femmes que si elles ont envie de se lancer dans l’IT, qu’elles le fassent! Ce qui compte, c’est leurs rêves et leurs compétences.”

“D’autre part, je pense que le genre est une question de sensibilité. On a donc tout intérêt à mélanger toutes les sensibilités pour obtenir un beau mélange. Comme dit Kant, les sens, c’est ce qui nous permet de juger et de construire notre connaissance et d’analyser notre perception. Dans une certaine situation, chacun d’entre nous va capter des éléments différents et avoir donc un point de vue différent. C’est pour cela que j’ai directement invité des intervenants masculins dans le Hackeuses Club. Je refusais que l’on reste uniquement entre filles.” 

Selon toi, comment pourrait-on encourager plus de femmes à poursuivre une carrière dans les métiers du numérique ?
“Je pense qu’il y a deux difficultés à surmonter et qui n’impactent pas uniquement les femmes mais qui les concernent davantage. Tout d’abord, l’accès aux formations. Chez BeCode, on est les seuls à ne pas juger le parcours de la personne. Quand on regarde les sites d’autres formations, ils demandent un niveau qui fait très peur, et c’est erroné. Le problème, c’est la communication par rapport à l’accès aux formations dans les métiers de l’IT.”

“D’autre part, il y a ce cliché du geek avec des cheveux gras qui parle comme R2D2. C’est un gros cliché, mais cela démontre que la question n’est pas uniquement de comment se former, mais aussi de comment être avec les gens, comment instaurer une tolérance. Pour moi, la vraie question, c’est : pourquoi devrais-je avoir peur de l’autre ? En tant que coach, je dois donc instaurer une tolérance.”

Comment te sens-tu en tant que femme dans l’IT ?
“Je me sens super bien. Je me sens très intégrée dans la famille des coachs. Nos coachs sont de belles personnes qui dépassent les clichés homme-femme. Je suis fière en tant que femme d’apporter ma contribution à cette équipe. Je me sens également reconnue et soutenue par mes collègues masculins. Mon mentor est un homme. C’est chouette que l’équipe prouve aux apprenants que c’est pas une affaire de genre.” 

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui envisage de faire une formation chez BeCode ?
“Je conseillerais à cette personne de venir nous rencontrer lors d’une séance d’info. Pour nous, les séances d’info, c’est une rencontre. Chez BeCode, ce sont les gens qui sont leur propre professeur. C’est donc bien de prendre le temps de savoir qui est derrière BeCode, comment ça se passe et si c’est cohérent avec les projets de la personne.”

Si tu devais résumer BeCode en un seul mot ?
“Inattendu, car mon parcours chez BeCode est tout à fait inattendu. Si on m’avait dit que je deviendrais coach, je n’y aurais pas cru. J’ai également fait des rencontres déterminantes qui changent ma vie positivement. Le hasard fait que ça se passe chez BeCode.”

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?
“Oui, je voudrais dire à la direction de BeCode qu’il y a de quoi être fier des coachs car non seulement ils coachent les apprenants, mais aussi les membres de l’équipe. J’espère que BeCode fera tout pour reconnaître et préserver ces personnes qui font tout pour mettre l’humain au centre du projet.” 

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